26 octobre 2022 - Écrit par Julien Auduc

Animal de compagnie: bien le choisir et bien s'en occuper

Si un animal peut apporter de nombreuses satisfactions, en adopter un est un engagement de longue durée qu’il ne faut pas prendre à la légère. Pour bien faire, il faut se poser plusieurs questions : où s’en procurer un ? Lequel choisir ? Comment bien l’accueillir et s’en occuper ?... Lefildesans.com vous aide à y voir plus clair en apportant conseils et recommandations.

animal-de-compagnie-bien-le-choisir-et-bien-sen-occuper

En France, on dénombre quinze millions de chats et de chiens domestiques. Crédit: AdobeStock.

En France, près d’un foyer sur deux possède un animal de compagnie et on dénombre plus de quinze millions de chats et de chiens domestiques (1). Mais vivre avec n’est pas quelque chose d’anodin. « C’est une vraie responsabilité ! explique Jacques-Charles Fombonne, président de la Société protectrice des animaux (SPA). Un animal demande de l’affection, du temps et un important investissement financier. Même si le nombre d’abandons a baissé en 2020, il reste trop important. On sait que beaucoup pourraient être évités si la décision d’adopter avait été plus mûrement réfléchie. »

Alors, avant d’accueillir un nouvel être vivant dans votre foyer, posez-vous quelques questions toutes simples : êtes-vous prêt à faire l’effort d’éduquer un chien, de le sortir plusieurs fois par jour si vous n’avez pas de jardin ? S’il arrive à votre chat de griffer votre mobilier, est-ce que cela sera supportable pour vous ? Pourrez-vous assumer financièrement les frais vétérinaires, de nourriture et de garde en cas de besoin ?... Une fois sûr de vous, vous pouvez commencer à vous mettre en quête de votre nouveau compagnon.

« La priorité doit toujours être le bien-être de l’animal »

rousselot2.jpgJean-François Rousselot, Docteur vétérinaire et président de l’Association française des vétérinaires pour animaux de compagnie nous donne des conseils pour bien gérer la santé de nos compagnons. 

 

Quand faut-il aller chez un vétérinaire ?
Les chats et les chiens doivent, dans les premiers mois, s’y rendre plusieurs fois pour recevoir un certain nombre de vaccins, et si ce n’est pas encore le cas se faire identifier par une puce électronique, recevoir un carnet de santé ainsi qu’une carte d’identification à l’ICAD (Identification des carnivores domestiques). Ensuite, un peu avant leur premier anniversaire, une visite pour vérifier la croissance peut être utile. Je conseille également d’effectuer les rappels annuels de certains vaccins car des maladies peuvent ressurgir en fin de vie si ce n’est pas fait. Et puis, c’est une bonne occasion de faire un examen de routine.

 

Quels signes doivent nous alerter sur l’état de santé de notre animal ?
La première alerte peut être par exemple une perte d’appétit ou le refus de boire. Attention également s’il ne veut pas sortir ou s’il est amorphe. Par ailleurs, votre chien peut présenter des symptômes digestifs, comme les vomissements ou la diarrhée. Sur le plan cutané, repérez d’éventuelles démangeaisons, une perte de poils, une plaie ou encore l’apparition de rougeurs. Surtout, n’hésitez pas à filmer ou à prendre en photo un symptôme ou un changement d’attitude. Cela aidera le vétérinaire à faire son diagnostic.

Comment gérer la fin de vie ?
Plus votre animal vieillit, plus il faut être attentif. La priorité doit toujours être son bien-être. Ce sont des moments difficiles et vraiment très tristes mais quand la souffrance domine, le choix d’en finir doit être pris. C’est quelque chose qui se réfléchit et se discute. Il faut prendre son temps. C’est toujours un crève-coeur et quelque chose d’émouvant mais aujourd’hui, l’animal part dans les bras de son maître, sans douleur, comme s’il s’endormait.

SPA, refuge ou élevage?

Pour trouver votre boule de poils idéale, plusieurs solutions s’offrent à vous. Dans les refuges, les associations ou les sociétés de protection animale, vous avez la garantie d’avoir un animal nourri sainement, tatoué, vacciné et stérilisé. « À la SPA, nous disposons de 62 refuges répartis sur tout le territoire, explique son président. S’y trouvent des animaux abandonnés ou ayant été maltraités qui ne demandent qu’à trouver un nouveau foyer. Ils sont examinés par un vétérinaire et traités si nécessaire. Nous conservons la traçabilité de l’animal : carnet de santé, historique, etc. » De plus, les motivations d’adoption sont passées au peigne fin et il n’est pas rare que certaines personnes se voient refuser un animal quand il n’est pas adapté. « Des visites sanitaires peuvent également avoir lieu pour vérifier le quotidien de l’animal qui peut être retiré si nécessaire », ajoute Jean-Charles Fombonne.

Vous pouvez également opter pour un élevage. Demandez de bonnes adresses à un vétérinaire et aux présidents des clubs de race. N’hésitez pas à en visiter plusieurs. Vérifiez que les chiots ou les chatons y vivent dans de bonnes conditions d’hygiène et ont des contacts répétés avec d’autres animaux et des humains de tout âge et des deux sexes. Demandez enfin à voir la mère et, s’il est présent, le père, afin d’imaginer à quoi ressemblera votre futur compagnon une fois adulte. Enfin, l’Assemblée nationale a voté une disposition pour interdire les ventes d’animaux en animalerie en 2024 car ils y sont souvent sevrés trop tôt ou mal socialisés. Des restrictions sont aussi prévues pour les ventes sur Internet, en les limitant aux seuls refuges ou éleveurs agréés.

Patience et psychologie sont nécessaires… mais il faut surtout beaucoup d'amour.

Le choisir en fonction de votre environnement

Il y a parfois une grande différence entre l’animal dont on rêve et celui dont on est réellement capable de s’occuper. En ville ou à la campagne, en maison ou en appartement, sachez adapter votre compagnon à votre environnement car avec un chien ou un chat, vous en prenez pour dix à quinze ans. « Le beagle par exemple, qui est une espèce à la mode, est un chien de chasse. Vivre en appartement est très difficile pour lui, explique ainsi Olivier Samson, éducateur canin en Vendée. Il a besoin de se dépenser et d’être stimulé, sinon il aura des troubles du comportement. Pour des citadins, il faut privilégier des races comme le king charles ou le bulldog anglais qui sont plus petites, moins sportives et heureuses avec deux balades par jour. »

En appartement, il faut peut-être penser à un chat, mais attention à ne pas le laisser seul durant des heures. S’il est plus indépendant que le chien, il demande tout de même de l’attention et il est important de lui éviter l’ennui. Il faut lui prévoir des occupations : arbre à chat, jouets divers… Et, si vous êtes souvent absent, il vaut mieux choisir un compagnon qui ne nécessite pas beaucoup de soins comme un hamster, une tortue ou un oiseau.

Seniors : les bienfaits d’un animal de compagnie

animaux3.jpg (Senior man huggin cat in the bed)Avoir un petit compagnon est idéal pour passer ses vieux jours dans de parfaites conditions. Il apporte autant sur le plan physique que mental.
➜ Un antidépresseur
Un animal de compagnie est une présence qui apporte du réconfort et une forme d’apaisement. Passer du temps avec lui libère des molécules chimiques qui provoquent une sensation de bonheur.
➜ Un vecteur de lien social
Il permet de retrouver une relation avec un être vivant. De plus, il favorise de nouveaux sujets de discussion et de nouvelles rencontres, notamment lorsque vous partez en promenade.


➜ Un allié pour vous stimuler
Cela permet de créer un rythme de vie fixe, en s’occupant de diverses tâches : lui donner à manger, à boire, le sortir, nettoyer ses besoins, jouer avec lui… Toutes ces petites habitudes permettent de se stimuler et de se donner des repères temporels. Il aide à garder une bonne estime de soi et permet de se sentir responsable.
➜ Le chien pour rester dynamique
Le chien, avec ses balades à effectuer, est idéal pour un senior actif qui souhaite entretenir sa forme physique. Ceux de petite taille sont plus adaptés. En effet, les plus grands ont plus de force et peuvent provoquer des chutes.
➜ Le chat pour s'apaiser
La proximité d’un chat a des propriétés très positives. Son ronronnement émet des vibrations sonores bienfaisantes. Le câliner est également un acte toujours très reposant. Indépendant, il nécessite moins de présence qu’un chien.
 

L'accueillir et s'en occuper

« Les animaux et particulièrement les chiens nécessitent de la patience, de la psychologie, parfois de la fermeté mais surtout beaucoup d’amour», insiste Olivier Samson. Il est important de fixer dès le début certaines limites à votre compagnon. Il va guetter vos signaux pour savoir ce que vous attendez de lui. Il faut donc lui montrer tout de suite qui est le maître, en étant toujours juste, sans être trop autoritaire. Éduquez votre animal en tâchant d’obtenir sa coopération et son assentiment.

Il s’agit de prendre en compte son caractère propre. « En cas de difficultés, n’hésitez pas à faire appel à un éducateur près de chez vous, conclut Olivier. Quelques séances courtes peuvent parfois suffire. » Mais avant tout, s’occuper d’un animal de compagnie confère à toute la famille une véritable source de bonheur et d’améliorations de la vie en commun. Vous pourrez également compter sur un compagnon fidèle pour vous réconforter et vous stimuler. 

(1) Selon les données de l’ICAD (Identification des carnivores domestiques) en 2019.